Pourquoi j’écris des nouvelles
Pour l’écrivain comme pour le lecteur, la nouvelle est sans doute la chose littéraire la plus énigmatique qui soit, une sorte de miracle, lorsque le vrai est tout de suite visible. Point besoin de faire appel à nos souvenirs de lecteur, opérons comme pour la définition d’un vocable, donnons un exemple. Le mien s’appelle Une beauté, nouvelle tirée du recueil Les allées sombres d’Ivan Bounine. Prix Pouchkine en 1903, prix Nobel en 1933, il avait quitté la Russie soviétique en 1920 pour ne plus jamais y revenir et mourir à Paris en 1953, la même année que Joseph Staline, à l’âge de 83 ans...
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Vivre intensément repose
Valère Staraseslki n’écrit ni pour écrire, ni pour se vendre, ni pour distraire, ni pour se distraire. Essais ou romans, ses écrits invitent à penser le passé qui fuit, le présent qui pèse, le futur qui hésite. Ses nouvelles élégantes rendent compte de la difficulté de vivre, de la beauté de vivre, de l’intensité et de la plénitude, rare, qui peut en jaillir. Valère Staraselski écrit, conduit par les femmes qui se sont installées dans ses pages.
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La revanche de Michel-Ange
...Car là commencent à se créer les conditions de sa singularité, il s’est en effet tourné vers la tradition monumentale de l’art toscan : Giotto et Masacio, artistes qui vécurent un ou deux siècles avant lui ! Artistes chez lesquels il avait trouvé grandeur et dignité exprimées dans des formes simples. Croyez m’en, Charles, Michel-Ange ne bénéficia pas que d’avantages, il eut, tout Michel-Ange qu’il était, à supporter de sérieux inconvénients à subir bien des avanies qui pouvaient à chaque instant le faire choir de sa situation.
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Le hammam
C’était, plus que les précédents, un jour de verdure et de vent. Sous un soleil léger, clair et franc, je marchais, bâton flexible tenu en main, à le planter tel un fleuret au hasard des bottes de paille rondes qui bordent les champs. Assez hautes pour pouvoir s’y adosser et penser à soi sans fin. Je réajustais mon imperméable quand je vis ce vieux avec son chien... Une sorte d’échalas, le dos arqué au vent. Et à son côté, un gros chien sombre qui, du plus loin qu’il m’avait aperçu, m’avait d’abord foncé droit dessus. Sans un aboiement. Rien. Son maître avait beau s’époumoner, le chien n’obéissait pas.
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