Le monde du 18-09-09
Michel Noblecourt
Souvent les ouvrages commémoratifs sont rébarbatifs. Il n’en est rien avec le très beau livre Un siècle de Vie ouvrière qui arbore, en couverture, une photo de Willy Ronis, qui vient de disparaître.

C’est du bel ouvrage ! Avec 700 illustrations, d’innombrables "unes", une multitude d’instantanés qui parlent autant de vie syndicale que de vie quotidienne, des éclairages de l’historien Michel Dreyfus, il offre ce qu’Alain Guinot, directeur de la NVO, appelle "un condensé de l’histoire de la CGT". Et quelle histoire !
Le 5 octobre 1909, quand le syndicaliste révolutionnaire Pierre Monatte fonde La Vie ouvrière, le bimensuel veut "donner à l’ouvrier la science de son malheur". Comme le note Bernard Thibault dans sa préface, même s’il "fut un combattant incessant de l’unité syndicale", c’est alors le journal d’une tendance. Après la scission de 1921, la "VO" devient même le journal de la CGT-U et fait écho à ses colères.
Pendant plus d’un demi-siècle, la "VO" manie le parler dru des syndicalistes révolutionnaires. Les exemples fourmillent. "Tous nous proclamons nettement antiparlementaires" (1909). "Le mouvement révolutionnaire peut avoir des syncopes, il ne meurt jamais" (1924). "L’enfant d’Octobre" (1917) a 11 ans, "c’est lui qui délivrera la terre de la vermine capitaliste" (1928). C’est l’époque où la CGT-U veut "travailler en accord étroit avec le Parti communiste, seul parti du prolétariat de la lutte des classes révolutionnaires". L’ouvrage présente des pages poignantes sur les combats des "VO de la nuit", dans la clandestinité de la guerre.
Lors de la scission de 1947, qui donna naissance à FO, la "VO" proclame que "la CGT est un bloc sur lequel on se casse les reins". Longtemps, la langue de bois fait florès, mais il y a de l’humour (parfois involontaire) entre les lignes. En 1913, Monatte récuse une collaboratrice "simplement féministe, sans le moindre grain d’esprit ouvrier". En 1957, la "VO" doit rectifier un texte officiel qu’elle a écorné, en précisant que le rédacteur a fait l’objet d’une "sanction sévère". En 1962, elle assure qu’"on travaille plus et on gagne moins"... En 1963, elle remercie Johnny Hallyday, qui a remis une "belle enveloppe" à des mineurs en grève.
Discret sur le congrès de 1978, celui d’une ouverture qui tourna court, le livre démontre que la "VO" a anticipé des évolutions du syndicalisme, en ouvrant les fenêtres sur la société. Journal officiel de la CGT, elle a su aussi s’évader pour jouer un rôle de capteur.
1909-2009. UN SIÈCLE DE "VIE OUVRIÈRE" de Denis Cohen et Valère Staraselski. Le Cherche Midi, 176 p., 30 €.
Article paru dans l’édition du 18.09.09.
Michel Noblecourt
Un siècle de Vie ouvrière
La Vie ouvrière par Rémi Boyer
100 ans de la vie des ouvriers. HD du 10 septembre 2009
La Vie ouvrière, un siècle d'aventure et de luttes l'Humanité le 11-09-2009 par Alain Nicolas
Histoire Vies ouvrières Témoignage Chrétien n°3361 du 10 septembre 2009
La Marseillaise - Lundi 7 septembre 2009
Le Patriote Côte d'Azur par Jacques Barbarin
Un siècle de Vie ouvrière Marianne de Perrine Cherchève
L'écho Républicain du dimanche 4 octobre 2009 par Gerald Masse
KOIKISPASS n°62 - Octobre 2009
Un siècle de Vie ouvrière, paru dans Energies Syndicales
TéléObs Paris du Nouvelobs n°2344 du 8 au 14 octobre 2009
Interview de François Duteil et Alain Guinot- CCAS infos Octobre 2009
Le Courrier Picard du mardi 13 octobre 2009
Le Républicain Lorrain du dimanche 25 octobre 2009
Paris-Normandie du samedi 17 octobre 2009
Liberté Hebdo n° 883 du 6 au 12 novembre 2009
La Voix du Nord du jeudi 12 novembre 2009
Entreprise et Carrières du mardi 17 novembre 2009
Le Travailleur Catalan
Le Patriote n° 1139 du mardi 8 décembre 2009
Ouest France, Pays de la Loire du mercredi 30 décembre 2009
Les Cahiers de l'Institut CGT d'histoire sociale de Décembre 2009
Alternatives Economiques de Janvier 2010
Un siècle de Vie Ouvrière dans le journal LIBERTE





