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Aragon, La liaison délibérée
Essai biographique 1995
revue et corrigée - 2005
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Aragon, La liaison délibérée
Essai biographique 1995
revue et corrigée - 2005



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1995 - biographie aux éditions de L’Harmattan - revue et corrigée - 2005

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Conférence de Valère Staraselski sur Aragon à Marseille

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Articles de presse :

"Il y a surtout la très belle étude de Louis Aragon par le romancier et essayiste Valère Staraselski. Aragon la liaison délibérée est un livre indispensable pour qui veut dévisager le véritable Aragon. Valère Staraselski a en effet choisi d’étudier l’homme dans sa totalité, à la fois dans ses multiples visages et dans son unité. Rejetant l’option récurrente du clivage pour aller au-delà des apparentes contradictions et explorer les zones obscures, il traque cette "liaison délibérée" entre "l’écriture et l’acte politique" dans les faits, dans les écrits, dans les relations, dans les actes de Louis Aragon, et balaie au passage les contrevérités et les médiocres commentaires des censeurs de tous bords. Il dévoile cette pure volonté qui anime Aragon, d’éveiller, de libérer, bien moins des folies meurtrières des hommes que de l’hypocrisie, de la lâcheté, de la bassesse, de la haine ordinaires qui les nourrissent"

Rémi Boyer, Vendémiaire

Aragon : des liaisons dangereuses ?

L’ouvrage de Valère Staraselski n’est pas seulement un ouvrage de référence sur Aragon, mais c’est aussi un enseignement précieux pour tout ceux qui ont l’ambition d’écrire. La plupart des écrivains actuels ne font que raconter des histoires, sans autre visée littéraire que la recherche d’un succès qui, étant donné la conjecture, ne saurait être que commercial. La quasi-totalité des poètes et des écrivains semblent considérer que ce qu’ils ont à exprimer est bien suffisamment intéressant en soi pour qu’ils puissent se dispenser du travail nécessaire à la création. C’est oublier qu’écrire, en littérature et en poésie, ne saurait se résumer à seulement s’exprimer, et que « La pensée n’est pas un sport. Elle ne peut être le prétexte de petites réussites que récompensent des applaudissements. »(1).

Louis Aragon est l’exemple même de l’écrivain « engagé ». Engagé dans la politique, bien sûr, mais on aurait tort de prendre ce terme dans un sens qui, en l’occurrence, serait forcément restrictif. Car l’écrivain est engagé dans son art, engagé dans la vie, et pour Aragon le créateur n’est pas celui qui se pavane dans la vie mais celui dont l’œuvre et l’existence ne font qu’un, ou plutôt se répondent dans une dialectique féconde. Aussi la liaison est-elle vraiment délibérée, c’est-à-dire choisie, volontaire. Liaison entre écriture et politique, entre art et politique, entre l’Ecrit et l’Histoire.

C’est dire que Louis Aragon ne craint pas de se salir les mains, de les plonger dans le magma du quotidien, afin que d’autres après lui puissent pétrir une réalité moins décevante. Beaucoup ont reproché à Aragon son engagement et sa fidélité envers le PCF, ses aveuglement et ses errances. Mais c’est là, je crois, le prix à payer lorsque l’on consacre sa vie à défendre les idées en lesquelles on croit : on ne peut espérer agir sur le monde sans prendre parfois le risque de se tromper... Il est plus facile de mourir pour ce que l’on croit être des idées justes que de vivre pour elles, car vivre c’est accepter de voir ses convictions mises à l’épreuve de l’Histoire. « Donner sa vie, c’est aussi bien vivre que mourir » nous dit Aragon, lui qui est sans cesse tendu vers l’avenir, sans cesse dans ce mouvement qui va de la lecture du passé à l’invention du futur. Si la création ne va jamais sans déchirements et sans ruptures, elle puise toujours dans son époque et dans les époques qui l’ont précédée.

La liaison délibérée, c’est donc avant tout celle de l’auteur et de son œuvre. Notamment pour cet enfant « bâtard » qui n’apprendra que tardivement que celle qu’il prenait pour sa sœur était sa mère, que celle qu’il prenait pour sa mère était sa grand-mère et que son parrain était son père, et dont le nom, Louis Aragon, sera choisi par ce père qui ne l’a pas reconnu. Pour cet adolescent il y aura manifestement quête et affirmation d’identité à travers l’œuvre, c’est-à-dire aussi bien à travers les écrits que la vie.

Il serait vain de vouloir ici résumer l’ouvrage de Valère Staraselski, tant ce livre est dense et riche. On y suivra Louis Aragon dans la construction de son œuvre dans ses amitiés et ses amours, dans ses engagements sans concession et dans ses doutes. Mais chez celui qui restera l’un des plus grands écrivains français du XXe siècle, tant par ses romans que par ses poésies et ses articles, une constante traverse l’œuvre et la vie comme un fil rouge : Aragon n’oubliera jamais la force essentielle de l’amour, aussi bien dans ses écrits que dans son idéal révolutionnaire. Si, comme des millions d’autres à travers le monde, il a pu être leurré par l’égarement sanglant que fut le stalinisme, au point parfois d’excuser l’inexcusable, l’amour fut toujours au cœur de ses rêves. Car, à la différence de bien d’autres révolutionnaires ou prétendus tels, Aragon a compris que la force la plus révolutionnaire est bien celle de cet élan irrésistible vers la vie et vers la paix. Il y trouvera d’ailleurs le point commun avec les chrétiens, allant jusqu’à parler de l’étrange proximité entre les communistes et les chrétiens. Mais la comparaison s’arrête là puisqu’il ne s’agit pas pour Aragon d’asservir l’homme en le plaçant sous une autorité supérieure, fût-elle Dieu, mais bien de le libérer de tous les jougs. Et que l’on partage ou non les opinions de Louis Aragon, on ne saurait mettre en doute la sincérité de ses engagements, ni rester insensible à ses écrits.

La biographie présentée par Valère Staraselski, devenue introuvable et rééditée en édition augmentée, le place sans nul doute au premier rang des spécialistes d’Aragon. On devine que le travail de recherche a été considérable, ne serait-ce que parce que, précisément, l’œuvre et la vie de l’écrivain se confondent, multipliant ainsi les facettes de cette œuvre. Mais Valère Staraselski ne se contente pas d’aligner des faits et des citations et son travail va bien au-delà. En effet, en même temps que l’on découvrira Louis Aragon, on découvrira aussi en Valère Staraselski un véritable intellectuel. Intellectuel non pas dans le sens dévoyé que lui ont conféré les médias (rien de commun par exemple avec ces nouveaux philosophes qui roulent pour de vieilles idées mises au goût du jour pour une intelligentsia de salon), mais intellectuel au sens de celui dont la réflexion vise à dégager les leçons du passé afin de mieux lire le présent, et si possible indiquer des voies praticables pour l’avenir. C’est le travail que Valère Staraselski accomplit, sans en avoir l’air, en nous présentant un grand écrivain qui concevait l’écriture comme une arme mise au service de l’amour, de la justice, de la paix et de l’avenir.

En fin de compte, cette liaison délibérée n’est pas seulement celle d’Aragon avec son œuvre ni celle de cette œuvre avec l’histoire, mais peut-être aussi celle de Valère Staraselski avec Louis Aragon...

Bernard Giusti

(1) Louis Aragon, La peinture au défi, 1930, cité par Valère Statraselski page 99.

Aragon, La liaison délibérée, aux éditions de l’Harmattan, ISBN : 2-7475-8634-0 • juin 2005

Valère Staraselski est l’auteur :

Aux éditions du cherche midi de Le Parlement des cigognes, Sur les toits d’Innsbruck, L’Adieu aux rois, Le Maître du jardin, dans les pas de La Fontaine, Nuit d’hiver Une Histoire française, recommandé par Historia, Un homme inutile, Monsieur le député.

Aux éditions De Borée de Nuit d’hiver, et Une Histoire française , en format de poche.

Aux éditions Seuil Jeunesse de La jeune fille au ruban, illustration Anne Buguet.

Aux éditions de L’Harmattan de Dans la folie d’une colère très juste, d’ Aragon, la liaison délibérée, revu et augmenté en 2005, ainsi que d’Aragon, l’inclassable

Aux éditions Bérénice de Aragon, l’invention contre l’utopie .



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